Plus de 10 000 médecins étrangers, appelés « Padhue », exercent en France dans des conditions précaires. Le gouvernement se penche sur leur situation complexe, promettant des réformes pour simplifier leur titularisation.
Le nombre de médecins étrangers travaillant en France, surnommés « Padhue », dépasse les 10 000. Ces praticiens, qui possèdent des diplômes provenant de pays hors de l'Union européenne, se trouvent dans une situation précaire et font l'objet d'une attention renouvelée de la part du gouvernement.
La nécessité d'examiner leur statut a été mise en lumière par Emmanuel Macron lors d'une visite d'un hôpital en Ariège, où il a exprimé son mécontentement quant à la situation des Padhue. Loin d'avoir des conditions équitables par rapport à leurs collègues diplômés au sein de l'UE, ces médecins rencontrent des obstacles pour accéder à des postes stables.
Le ministère de la Santé a immédiatement annoncé son intention de simplifier les procédures en vue de leur titularisation, une promesse qui a été faite spécifiquement après la remarque présidentielle.
Les Padhue comprennent une diversité de spécialités médicales. Qu'il s'agisse d'urgentistes, de psychiatres, de gynécologues, ou de généralistes, l'urgence de leurs services a conduit plusieurs établissements à renforcer leurs équipes médicales avec ces praticiens. Bien que leur travail se fasse souvent sous la supervision d'un médecin titulaire, beaucoup d'entre eux assument des rôles comparables à ceux des médecins seniors dans des services déjà sous tension.
Les conditions de travail de ces Padhue sont souvent inférieures, tant en termes de revenus que de stabilité d'emploi. Selon le syndicat ISNI, les Padhue se heurtent à des statuts précaires et des rémunérations nettement inférieures à celles de leurs collègues titulaires. En effet, une enquête menée par l'Ordre des médecins n'a pas réussi à fournir des chiffres précis concernant leur effectif global. Toutefois, une estimation de 2024 a reporté leur nombre à plus de 10 000, ce qui souligne l'ampleur de la problématique.
Le ministère indique ne pas disposer de chiffres globaux sur les Padhue, expliquant que les recrutements se font de manière informelle. Cependant, il estime qu'environ 4 700 Padhue demandent une autorisation temporaire d'exercice, tandis qu'environ 7 500 sont en attente de validation après avoir réussi un concours.
Pour obtenir la reconnaissance de leur diplôme en France, les Padhue doivent passer par un processus rigoureux qui implique l'obtention d'une « autorisation de plein exercice ». Cela passe par un concours annuel, précédé d'une longue procédure. L'Académie de médecine et l'Ordre des médecins justifient cette démarche par l'importance de garantir la qualité et la sécurité des soins.
Il faut noter que depuis 2018, le nombre de postes ouverts aux Padhue a fortement augmenté, de 500 en 2018 à 4 400 en 2025. Ce concours mettaient en compétition les médecins déjà présents en France et ceux qui postulaient depuis l'étranger. À partir de 2025, il a été réformé pour créer une priorité pour ceux déjà en poste, accompagnée d'une voie externe réservée à ceux n'ayant pas d'expérience en France.
Les médecins lauréats de ce concours peuvent entrer dans un "parcours de consolidation des compétences", qui se présente comme une période de stage de deux ans, pouvant être réduite à 18 mois sous certaines conditions. De nombreuses critiques sont émises à ce propos, accusant le système de maintenir ces praticiens dans des situations de travail précaires.
Un ajustement des procédures est donc une priorité, la promesse d’exemptions de concours pour ces praticiens visée à simplifier leur chemin vers une reconnaissance et une stabilisation de leur statut.
Concernant les rémunérations, lorsqu'ils échouent aux concours, les Padhue sont souvent employés à travers divers contrats qui leur offrent des revenus variant entre 1 500 et 2 200 euros par mois. La loi Valletoux de 2023 a introduit le statut de praticien associé contractuel temporaire (PACT), permettant aux médecins expérimentés de travailler sous des conditions spécifiques, mais certains Padhue continuent d’être engagés dans des statuts précaires.
Quant à l'évolution des Padhue, environ 9,2 % des médecins en activité régulière au 1er janvier 2026 étaient d'anciens Padhue, contre 4,1 % en 2010, d'après l'Ordre des médecins. Une étude de 2025 révèle qu'une part importante d'entre eux est issue d’Algérie, de Tunisie, de Syrie, du Maroc et du Liban. Les spécialités les plus présentes parmi les Padhue actifs sont la médecine générale, la psychiatrie, et l’anesthésie-réanimation.
En outre, la proportion d'anciens Padhue varie considérablement en fonction des départements. Par exemple, ils ne représentent que 1,4 % des médecins dans les Pyrénées-Atlantiques, mais atteignent jusqu'à 29,6 % dans l'Aisne. Cette réalité met en lumière des disparités géographiques importantes, souvent marquées dans des régions périurbaines - rurales en difficulté.
La question de l’avenir de ces médecins est donc cruciale, car ils jouent un rôle essentiel dans l'accès aux soins, notamment dans des zones où les médecins font défaut.
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